Le 12 août, à l’avant-veille de quitter la chambre de l’hôtel de St Paul-lès-Dax retenu pour deux jours seulement pour cause de trop-plein du aux fêtes de Dax, je n’avais aucune idée de ma destination suivante. Mon seul souhait était de rester en bord d’océan jusqu’au 15 août, date de ma prochaine étape. Ce qui était peu réaliste, j’en conviens : un hébergement sur la côte landaise une veille de 15 août ! tu rêves m’avait-on dit. J’avais même plaisanté en disant que si je ne trouvais rien, je dormirais sur la plage, ce qui a fait rire certains. D’autres en revanche, s’inquiétaient un peu pour moi. Pour ma part, je n’avais aucune sorte d’inquiétude. C’était même étrange. Je ressentais une indifférence complète à l’égard de mon avenir proche, une absence de questionnement. Je me sentais tout à faut bien dans la minute présente.
J’avais tout de même fait quelques démarches. J’avais appelé plusieurs hôtels, tous complets bien sûr, et je m’étais rendue à l’office du tourisme de Capbreton. Là, une hôtesse d’accueil m’avait transmis deux numéros de téléphone : celui d’une dame qu’ils connaissaient et pouvaient recommander bien qu’elle ait très peu de disponibilités ; et celui d’une autre qu’ils ne connaissaient pas, qui venait de leur communiquer ses coordonnées et avait semblait-il une chambre disponible.
J’ai donc passé ces deux appels. La première hôte comme annoncé n’avait pas de place, mais notre conversation s’est prolongée, comme si un lien se tissait au travers des ondes téléphoniques et que nous cherchions ensemble une solution pour un tiers. C’était une curieuse sensation. Elle a gardé mon numéro au cas où elle entendrait parler de quelque chose.
La seconde dame, moins accueillante pour le moins, en tous cas moins aimable, me rappellerait si les personnes qu’elle attendait ne prolongeaient pas leur séjour comme c’était prévu.
J’ai laissé reposer ma quête, peu soucieuse de son issue. En fait, l’idée d’avoir l’occasion de dormir sur la plage me réjouissait. J’ignorais si, par les temps qui couraient, la chose était encore possible. Au pire, je finirais ma nuit au poste de police comme vagabonde. L’idée était encore plus réjouissante tellement elle était saugrenue. Non, au pire, je finirais ma nuit dans ma voiture. Et alors ? Un proche m’a fait remarquer dans l’après-coup : Mais sur la plage, tu aurais pu te faire agresser ! J’ai été très surprise, l’idée n’avait même pas effleuré mon esprit.
Et il en fut autrement. Le jour suivant en fin d’après-midi, alors que je commençais à rassembler mes effets pour quitter la chambre le lendemain matin, avant de partir voir mon peut-être dernier coucher de soleil, je reçus un appel téléphonique de la première hôte que j’avais appelée. Les personnes qu’elle attendait s’étaient désistées. Il s’ensuivait que la chambre était disponible pour moi si je cherchais encore ! Je me suis abstenue de dire que je ne cherchais plus. J’ai juste remercié et dis que je prenais la chambre d’hôte. Je n’étais pas surprise, comme si tout était normal, dans l’ordre des choses ! nous avons pris rendez-vous.
J’admets pourtant avec le recul qu’il y avait de l’étrangeté dans cette situation !